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La revengeance des duchesses

Lévis, je t’aime correct.

Photo de la rue Saint-Laurent et de la falaise, à Lévis.

Photo par Émily Wahlman

C’est le moment où je conte ma vie. Où j’explique publiquement mon sentiment partagé quant à mon royaume de Lévis.

Je suis pas vraiment une vraie Lévisienne…

Je suis arrivée à Lévis à 15 ans. C’était le retour au Québec après une virée de 2 ans au Nouveau-Brunswick. J’étais vraiment, VRAIMENT contente et je me voyais déjà retrouver les amitiés que j’avais laissées derrière 2 ans plus tôt sur la Rive-Nord. Quand mes parents m’ont plutôt annoncé qu’ils avaient acheté une maison à Lévis, j’étais folle de rage.

« ARK!? What the fuck… Lévis? », ai-je probablement dit, derrière ma frange de fausse rockeuse.

Et là, quand le nom de Pintendre (un quartier de Lévis) est sorti… Je vous épargne ma réaction et les jeux de mots douteux qui me sont sortis de la bouche.

Je suis donc arrivé à Lévis la mine bien basse, crachant sur tout ce que mes parents me montraient. Désireux de se faire pardonner, je suppose, ils m’ont montré la sublime piste cyclable qui longe le fleuve. J’ai levé les yeux au ciel. Du moins l’œil qui n’était pas couvert par mes cheveux. Ils m’ont fait goûter à une bonne crème à glace du Chocolats favoris. « On entend les anges quand ils te remettent ton cornet », que mon oncle avait dit. J’ai fort probablement gardé ma WFRBF (world famous resting bitch face) tout le long.

Quand ils m’ont montré mon école, je pense que j’ai pleuré. Je gagerais beaucoup d’argent que 4 pages entières de mon journal intime Emily the Strange y sont consacrées. Une polyvalente en plus… Ça y est, j’allais plus jamais être à l’aise de ma vie. C’était fini, le bonheur.

J’étais pas drama queen une seule seconde.

Je haïssais Lévis. Et encore à ce jour, puisque je suis quelqu’un de très fier, je reste fidèle à mes réticences quant à cette ville. Je ne rate jamais une occasion de m’en moquer.

Et bien sûr, j’ai toujours voulu rester une fausse Lévisienne.

Je n’ai jamais eu d’emploi d’été au Patro ou au Chocolats favoris, je ne m’enligne pas du tout pour travailler chez Desjardins et, même si un petit moment lounge une fois de temps en temps, ça se prend bien, le Délice n’est pas du tout mon restaurant préféré.

Par contre, au fil du temps, je m’y suis fait mes premiers vrais amis. Des amitiés qui ont traversé le temps. Des gens qui me ressemblaient, avec qui j’ai pu grandir et devenir la personne que je suis maintenant. Enfin, mes parents ont cessé d’être nomades et, par la force des choses, Lévis est devenu ma maison. Que je le reconnaisse ou non, c’est en partie vrai. Quand je suis partie du nid familial, c’est à Lévis que j’ai eu mon premier appart. Quand je pense à mes années d’adolescence lévisienne, ce serait malhonnête de dire que ça ne compte pas parmi mes plus beaux moments.

J’ai eu mon premier chum à Lévis. En fait, pour être bien honnête avec vous, l’analyse ultra scientifique que j’ai faite de mon historique amoureux m’a carrément prouvé que je pogne seulement à Lévis. Qu’on se le dise, c’est quand même un bon argument pour y rester! Bref, j’ai été follement in love à Lévis et, des fois encore, des lieux me rappellent ces émotions fortes de bonheur et ça me fait comme chaud en dedans.

J’habite encore Lévis. Inévitablement, je trouve encore que c’est un endroit sacrément ennuyeux. Mais j’y reviens toujours. Et pour de vrai, ça me dérange juste correct.

Pourquoi donc?

Peut-être qu’à un moment donné, j’ai baissé mes gardes et mes moqueries un peu bitch sur Lévis se sont transformées en moqueries un peu affectueuses.

Y’a quelque chose de pathétique au fait que les rues du vieux Lévis soient toujours vides, mais y’a aussi quelque chose d’agréable là-dedans, quand t’as envie de retourner chez toi tranquille, dans le silence, avec juste l’hiver en bruit de fond.

Y’a quelque chose de déprimant au fait que, à part des condos, pas grand-chose ne se développe à Lévis (pour le moment). Mais d’un autre côté, c’est bien qu’il y ait encore autant de verdure, que les arbres y soient si grands. C’est peut-être bien aussi pour quelqu’un qui, comme moi, aspire à l’entrepreneuriat.

Comme l’a déjà dit une autre duchesse avant moi (salut, Morgane), Lévis, c’est du beau et du laid en même temps.

Alors bon. SCOOP! Lévis, je t’aime correct, mettons juste un petit peu. Mettons que je ne t’haïs plus. Voilà. C’est dit.

 

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