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La revengeance des duchesses
Le soleil a pas d'chance de Robert Favreau

Libre de sourire… ou pas

La Revengeance des duchesses, je crois, n’a plus à démontrer sa pertinence. Qui peut sincèrement remettre en doute son existence lorsqu’on lit tout ce que mes amies duchesses ont publié cette année? Un imbécile malheureux, peut-être?!

Néanmoins, les dévouées organisatrices de la Revengeance rehaussent le tout en proposant différentes activités, parfois familiales, parfois artistiques, parfois éducatives, comme la projection du documentaire Le soleil a pas d’chance et la conférence de l’historienne (et ex-duchesse) Catherine Ferland sur le pouvoir féminin dans l’histoire.

Le documentaire, présenté la semaine dernière, m’a fait rire à plusieurs reprises, mais mon rire était souvent jaune. Ce film vient confirmer ce dont je me doutais depuis mon enfance : les duchesses du Carnaval, c’est du vide, un outil de marketing douteux. Et que s’il y a encore bien du chemin à faire pour l’égalité des sexes, il y a, heureusement, eu du chemin parcouru depuis les années 1970.

Dans ce documentaire, on suit le processus de sélection des duchesses pendant le Carnaval de Québec de 1975. Imaginez les émissions de sélection des téléréalités, ajoutez-y un grand nombre de messieurs machos et vous aurez une petite idée de tout le processus.

Les regards de certains juges, qui, sans subtilité, se lichent les lèvres en matant les fesses d’une candidate qui sort de la pièce. Le call d’un juge sur la craque de sein d’une autre candidate. La remarque d’un autre juge sur l’absence de hanches d’une autre fille. Et ainsi de suite. Le tout devant quelques femmes qui ne peuvent rien faire d’autre que rire poliment.

On leur fait faire des numéros un brin insignifiants et surtout, on ne leur demande rien d’autre que d’obéir à une armée de directeurs (ils étaient vraiment nombreux!), le tout en souriant le plus possible.

Bien au contraire de leur demander de mettre de l’avant leur personnalité, on les déguise, on les ramène à un moule fade, à danser avec des inconnus, à embrasser des personnalités et à sourire, toujours, devant les foules et les caméras. Même boire dans une coupe de champagne ne peut relever de leur propre chef, elles doivent attendre la consigne de leur dame de compagnie.

À un moment, l’une des aspirantes duchesses se confie à la caméra. Elle se trouve inutile et vide. Elle a une impression d’être utilisée et de ne servir qu’à attirer des hommes dans les activités. Puis, à un moment, elle semble s’excuser de penser tout ça. « Je dois être trop fatiguée, je dois dire ça parce que je suis fatiguée. » Arrête, tu n’as jamais été aussi lucide!

On peut se dire que tout ça est chose du passé, que c’était comme ça en 1975. Une visite rapide sur le site du Carnaval de Québec me donne l’impression que leur utilité n’a pas tant changé. Vente de bougies, activités protocolaires et promotionnelles… Elles servent à mettre en valeur le Carnaval. J’imagine quand même que le jury est plus… ou moins… M’enfin, plus respectueux.

La Revengeance des duchesses ne demande aucune photo lors de son processus de sélection. Tout est dans la personnalité de la candidate. La Revengeance ne fait rien vendre par ses duchesses, au contraire, elle met toute son énergie à mettre en valeur ses duchesses.

Vous n’entendrez jamais l’organisation de la Revengeance dire : « Sois belle et souris! » Non, elle va juste dire : « Sois! ». Et là, vous aurez le plus beau des sourires, celui de la liberté.

P.S. : Vous pouvez écouter le documentaire sur le site de l’ONF ici.

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